EXPOSITION " TRIBUTE TO MARCEL "

EXPOSITION PERMANENTE AUX AUBÉPINES À ILLIERS-COMBRAY VILLE DE MARCEL PROUST

Adrien Proust, père de Marcel, était né à Illiers. La ville devint Illiers-Combray suite au rajout de Combray en hommage à Marcel. La célèbre tante Léonie chez qui Marcel, adolescent, passait ses vacances et avec laquelle il dégustait ses madeleines était la sœur d'Adrien. Marcel était asthmatique d'où l'importance des fleurs, des parfums et des odeurs dans son œuvre. Selon les spécialistes de l'œuvre de Marcel, on y dénombrerait plus de 350 espèces de fleurs.

Je tiens à remercier, Diane de Margerie, spécialiste de Marcel Proust si il en est, avec à laquelle cette exposition a vu le jour. Diane a fait des conférences sur les lieux des expositions pendant 2 ans.

Conférences sur l'importance  des fleurs dans l'œuvre de Marcel tout en présentant ses nouveaux livres dont "A la recherche de Robert Proust" mais aussi son livre sur les haïkus.

Elle impressionnante sur sa connaissance de Proust bien entendu, mais aussi les écrivains japonais et bien d'autres sujets. Diane est une personne pétillante d'une jeunesse incroyable comme en témoigne la photo ci-contre. Nous avons du arrêter les conférences pour raison de santé de Diane qui ne pouvait plus lire. Quel dommage ! toutes celles et ceux qui ont y assisté m'en parle encore ! 

Mon travail et les textes restent. L'exposition, que je pense étoffer prochainement, est en permanence à l'hôtel restaurant Les Aubépines, quand elle ne tourne pas en France. Vous acheter les tableaux et cartes postales de l'exposition sur place ou sur commande.Merci Diane pour m'avoir fait confiance et m'avoir accordé ton amitié, tu es une des plus belles rencontres de ma vie.

Marc Théréné

Le Blanc :

Il est la lumière du temps suspendu.

 

« l’émail blanc des sphères de gui qui étaient semées au faîte des peupliers, rondes comme le soleil et la lune dans "La Création" de Michel-Anges ».

Le blanc nie toute évolution, toute surprise qui viendrait déranger l’éternel retour du passé.

Il est la lumière du temps suspendu« où rien ne changerait plus, à partir des quels sa mère resterait éternellement jeune et lui éternellement libre et gai, dans le même soleil ardentimmuablement établi ».

Coquelicot :

Fleur solitaire et fragile.

« Émouvante texture du coquelicot dont on peut froisser les pétales entre les doigts: la fleur solitaire et fragile, cachée 

dans le sombre pays des herbes ».

Coquelicot et Bleuet :

Fleurs des champs.

« Je poursuivais jusque sur le talus qui, derrière la haie, montait en pente raide vers les champs, quelque coquelicot perdu, quelques bluets restés paresseusement en arrière, qui le décoraient çà et là de leurs fleurs comme la bordure d’une tapisserie [...] rares encore, espacés comme les maisons isolées qui annoncent déjà l’approche d’un village, ils m’annonçaient l’immense étendue où déferlent les blés, où moutonnent les nuages, et la vue d’un seul coquelicot 

hissant au boutde son cordage et faisant cingler au vent sa flamme rouge,... »

Chrysanthème :

Fleurs d’imposture.

« astres éphémères qui s’allument dans les jours gris ».

« Elle trouvait à tous ses bibelots chinois des formes «amusantes», et aussi aux orchidées, aux cattleyas surtout, qui étaient, avec les chrysanthèmes, ses fleurs préférées, parce qu’ils avaient le grand mérite de ne pas ressembler à des fleurs,mais d’être en soie, en satin. ».

Prédestination de la graine.

Tout est inscrit.

« Hélas! dans la fleur la plus fraîche on peut distinguer les points imperceptibles quipour l’esprit averti dessinent déjà ce qui sert, par la dessiccation ou la fructification des chairs aujourd’hui en fleur, la forme immuable 

et déjà prédestinée de la graine. »

« Et je compris que tous ces matériaux de l’oeuvre littéraire, c’était ma vie passée; 

je compris qu’ils étaient venus à moi, dans les plaisirs frivoles, dans la paresse, 

dans la tendresse, dans la douleur, emmagasinés par moi, sans que 

je devinasse plus leur destination, leur survivance même, que la graine mettant 

en réserve tous les aliments qui nourriront la plante. Comme la graine,

je pourrais mourir quand la plante se serait développée... »

Roses aubépines :

Epines et ruptures.

 

« Leur parfum s’étendait aussi onctueux, aussi délimité en sa forme que si j’eusse 

été devant l’autel de la Vierge, et les fleurs, aussi parées, tenaient chacune

d’un air distrait son étincelant bouquet d’étamines, fines et rayonnantes nervures 

de style flamboyant comme celles qui à l’église ajouraient la rampe du jubé...»

« Mon coeur a battu à ce nom qui est celui de mon premier amour pour une fleur »

« Et à cause de cela si je suis heureux quand je vois une aubépine, c’est sans doute que

je l’aime précisément d’un amour comme je ne pourrais plus en éprouver, 

d’un amour d’un autre temps, où l’âme tout entière est intéressée, où je me sens 

plus sensible, plus intérieur, plus désintéressé, plus poète, 

où j’aime davantage. ».

Iris ou l’ambiguïté.

 

 

« Épée à la lisière des mondes

heureux et malheureux » 

« Fleur de l’érotisme solitaire. 

Fleur veloutée comme l’orchidée,

velue comme le bourdon,

nacrée comme le mystère du soir,

bleutée comme le clair de lune.».

Iris: 

Fleur bleutée comme un clair de lune.

« Épée à la lisière des mondes

heureux et malheureux » 

« Fleur de l’érotisme solitaire. 

Fleur veloutée comme l’orchidée,

velue comme le bourdon,

nacrée comme le mystère du soir,

bleutée comme le clair de lune »

Les roses :

Marcel aimait moins les roses.

Depuis l’enfance, depuis toujours,

la nature ne communique à Marcel Proust

son message de renouvellement immortel

que dans le silence» mais s’il aime les rosiers, ou bien la couleur rose, Marcel, on le sait, aimait moins les roses, malgré les efforts de son amie, Madeleine Lemaire, dont la spécialité était de les peindre.

     Idée-de-parfum.

Peu de textes sont aussi envahis par les parfums. Mais si le parfum est lié à l’interdit et à l’absence, il n’en est que plus étroitement mêlé aux souvenirs souverains. Vie et mort: le parfum touche aux deux règnes dont il supprime la démarcation.  De la mort du souffle dans l’asthme à la survie : le parfum, pour pouvoir subsister sans rendre malade ou tuer, va se dématérialiser et devenir idée-de-parfum. «Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.»

Nénuphar lié :

Nymphéas à la dérive.

«on croyait voir flotter à la dérive, comme après l’effeuillement mélancolique d’une fête galante, des roses mousseuses en guirlandes dénouées»

« Poussé vers la rive, son pédoncule se 

dépliait, s’allongeait, filait, atteignait l’extrême limite de sa tension

jusqu’au bord où le courant le reprenait, le vert cordage se repliait sur lui-même et ramenait la pauvre plante à ce qu’on peut d’autant mieux appeler son point de départ

qu’elle n’y restait pas une seconde sans en repartir parune répétition de la même manœuvre. »

Trompeuses orchidées. Fleurs sans parfum.

Fleurs ou papillons ?

«Ce sont des fleurs sans parfum, faites pour être touchées, arrangées, au contraire des aubépines dont l’odeur affole.»

« À défaut de la contemplation du géologue, j’avais du moins celle du botaniste et regardais par les volets de l’escalier le petit arbuste de la duchesse et la plante précieuse exposés dans la cour [...]

et je me demandais si l’insecte improbableviendrait, par un hasard 

providentiel, visiter le pistil offert et délaissé ».

Le jardin.

Fleurs amoncelées en reposoir.

 

« Je le trouvais tout bourdonnant de l’odeur des aubépines. La haie formait comme une suite de chapelles qui disparaissaient

sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoir; au-dessous d’elles, 

le soleil posait à terre un quadrillage de clartés, comme s’il venait  de traverser une verrière; leur parfum s’étendait aussi onctueux, aussi délimité en sa forme que si j’eusse été devant l’autel de la Vierge,  et les fleurs, aussi parées, tenaient chacune d’un air distrait un étincelant bouquet d’étamines, fines et rayonnantes nervures de style flamboyant comme celles qui à l’église ajouraient la rampe du jubé ou les meneaux du vitrail et qui s’épanouissaient en blanche chair de fleurs de fraisier.»

Aubépine.

 

 

« je suis heureux quand je vois une aubépine, c’est sans doute que

je l’aime précisément d’un amour comme je ne pourrais plus en éprouver, 

d’un amour d’un autre temps, où l’âme tout entière est intéressée, où je me sens 

plus sensible, plus intérieur, plus désintéressé, plus poète, 

où j’aime davantage »

Madeleine :

Petit coquillage de pâtisserie

 

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. 

Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche 

matin à Combray ( parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure  de la messe ), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé  dans son infusion de thé ou de tilleul

Un soir d'été du côté de chez Swann